Le rôle clé des femmes dans la foresterie et l’agriculture

Cibles principales des campagnes publicitaires des entreprises du secteur agroalimentaire, le rôle clé des femmes dans la production agricole est néanmoins loin d’être mis en avant. Pourtant, la main d’œuvre agricole mondiale est composée jusqu’à 60 % de femmes produisant tout type de denrées, du maïs au riz en passant par la vanille ou le thé. Elles doivent combattre bien souvent la faim, les inégalités de revenus et le manque de perspectives.

La chaîne d’approvisionnement du cacao n’échappe pas à ce constat. Les femmes représentent non seulement une grande proportion du personnel employé à la plantation, à la récolte et à la transformation du cacao, mais elles sont aussi la clé de la sécurité alimentaire et d’une croissance durable et équitable. Les femmes jouent un rôle indispensable dans la production de cacao: elles plantent les jeunes plantules et les entretiennent, elles ouvrent les cabosses récoltées et elles sont responsables de la fermentation et du séchage des fèves de cacao avant qu’elles ne soient vendues aux négociants ou chocolatiers.

Lenny Martinez, Chef de projet au sein de l’entreprise sociale Forest Finance France a rencontré Carolina Mejia qui nous explique son activité, clé dans le dispositif de production du cacao de la société au Panama, où les cacaoyers sont associés à d’autres espèces d’arbres natives de la région. Il est ainsi possible d’agir contre les bouleversements environnementaux en replantant des essences forestières et cacaoyères locales tout en permettant l’émergence d’un modèle économie viable et durable.

Regard sur la chaîne de production du cacao : Exploration de la transformation après récolte de cacao

Ingénieur architecte de formation, accréditée par le dispositif Leadership in Energy and Environmental Design (LEED), système nord-américain de standardisation de bâtiments à haute qualité environnementale, Carolina s’est orientée vers les métiers de la filière cacao à travers la construction du centre post-récoltes à Bocas del Toro, Panama. Dans cette région côtière et fortement humide, se trouvent les 300 hectares de cacao en agroforesterie de ForestFinance, dont les différentes Fincas âgées de 7 et 8 ans entrent dans leur phase de pleine production. Il y a quelques années, les terrains n’étaient que pâtures pour l’élevage bovin !

Même si l’entreprise sociale n’a pas encore la certification Bio, elle n’utilise que des bio-fertilisants pour enrichir le sol en nutriments. ForestFinance a bénéficié du l’aide du CATIE (Centre Tropical de Recherche et d’enseignement) basé au Costa Rica pour le choix de ses variétés de cacao. « Notre cacao est composé de 6 cultivars différents appartenant à la famille des Trinitarios qui présentent l’avantage d’être résistants aux maladies telles que la Monilia et Phytophtora » indique Carolina.

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« Pour réaliser le centre post-récoltes, j’ai dû d’abord bien comprendre le produit et la matière. Je suis chargée à présent à la fois de la création de nouvelles infrastructures écologiques et issues de nos parcelles pour le logement de nos travailleurs. Je veille au bon déroulement de nos opérations sur le terrain et de la phase post-récoltes. Avec notre méthode, nous pouvons adapter le temps de fermentation, 2, 3, 4, 5 jours suivant les demandes des chocolatiers. »

« Peu de structures en Amérique Centrale disposent d’un centre post-récoltes écologique de ce type. Nous avons été sollicités au Salvador pour reproduire cette infrastructure et des membres du ministère de l’industrie panaméens sont venus sur notre plantation pour étudier notre centre post-récoltes dans l’objectif de le répliquer ailleurs ». L’échange de savoirs est au cœur de la méthode de la société. Récemment, une plantation expérimentale de vanille dans les plantations de cacao a été mise place…« La vanille naturelle présente des saveurs intenses, que nos clients apprécieront», s’exclame Carolina !

Une réponse adaptée aux enjeux sociaux propres à la filière cacao

Cinq femmes sont associées aux Fincas, ce sont elles qui gèrent le projet tant d’un point gestionnaire que durant le processus post-récoltes. Sur le terrain, des câbles ont été mises en place pour faciliter le transport des fèves suite au concassage des cabosses. Néanmoins le travail le plus fastidieux, est effectué par les hommes. L’entreprise met en place un plan d’évaluation et de suivi de l’impact social de ses activités et de ses pratiques en faisant appel à un expert indépendant, l’entreprise Kinomé. Elle souhaite en effet améliorer de manière continue son approche sociale vis-à-vis des employés et des communautés voisines.

« Aujourd’hui, nous avons la certification UTZ, demandée par certains de nos acheteurs; à travers la prime représentée par un pourcentage des ventes, nous développons de nouvelles activités sociales: l’année dernière, nous avons fait des donations aux écoles locales (munies ces dernières également de tables issues du bois d’éclaircie des plantations). Chaque année, nous réalisons des enquêtes pour connaître les besoins et nécessités des employés. Tous les employés ont accès à de la formation continue sur la gestion des plantations pour s’en inspirer sur leurs propres plantations. »

Envie de participer au nouveau projet agroforestier écologique, économique et durable de Forest Finance France ? C’est le projet Forestera sur la plateforme de financement participatif WiSEED !

Lenny Martinez

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Lenny Martinez
Lenny Martinez

Lenny Martinez travaille depuis février 2014 comme Responsable Projet au sein de ForestFinance France. Il est chargé du développement pour le financement de nouveaux projets agroforestiers basés sur la cacaoculture, du networking et du suivi avec les partenaires. Il met également à profit ses compétences rédactionnelles acquises à Sciences Po pour les activités de communication écrite de la société. Passionné par les langues, l’entrepreneuriat social et l’Amérique latine, il fait le relais auprès des équipes au Panama de ForestFinance.