Comment se gère une plantation de cacao ?

Comment se gère une plantation de cacao ? Nous initions une série d’entretiens avec nos collaborateurs péruviens, qui sur place nous parlent de leur métier, et de leur passion: le cacao. Augustin s’entretient avec Nelson Lopes Jimenez, homme-clé dans le dispositif péruvien de Forest Finance France.

Bonjour Nelson, vous êtes ici depuis le début du projet. En quoi consiste votre travail sur la plantation ?

C’est vrai que je suis ici depuis 5 ans déjà ! Mon travail est de gérer au quotidien le personnel, c’est à dire que je tiens les registres de présence pour assurer les paies de chacun à la fin de semaine. Selon les activités du jour, je distribue les outils, je suis responsable du magasin et du matériel. Par ailleurs je m’occupe de tout le traitement post-récolte, fermentation, séchage, stockage, suivi de qualité.

Qu’aimez-vous le plus dans votre travail ?

Faire de tout ! A la fois aller sur le terrain pour aider les équipes, m’assurer que tout se passe bien, à la fois être dans l’édifice de fermentation ou le séchoir pour travailler notre cacao que nous avons soigneusement cultivé et récolté. Et voir l’évolution de la qualité ! En 6 mois, nous avons fais de gros progrès, et je suis impatient de faire encore mieux.

Vous faites partie de ceux qui connaissent le mieux la culture du cacao et le traitement post-récolte dans la région, qu’est-ce qui nous différencie le plus des autres plantations de la vallée, selon vous ?

Les variétés qui sont cultivées. Il n’y a pas de CCN 51, nous ne cultivons que des variétés fines et aromatiques, alors que la grande majorité des autres producteurs ne se soucient pas de la qualité. Nos pratiques de culture, aussi. Par exemple le fait de tailler les arbres de façon progressive toute l’année, et non pas une seule fois comme le font la plupart des gens, ce qui perturbe l’arbre. Et puis il y a la grande taille de la plantation, cela implique beaucoup d’entretien et cela garanti un travail toute l’année aux habitants de la vallée.

Avec l’implantation de la cacaoculture, voyez-vous une amélioration générale des conditions de vie ici ?

Oui, c’est un peu mieux, il y a plus de travail. Mais c’est encore difficile, et beaucoup voudraient partir ailleurs. Et puis il y a ceux qui ont de mauvaises pratiques, ils font beaucoup de dégâts sur la forêt.

Justement, la région a presque entièrement été déforestée à des fins agricoles. Y a-t-il déjà des changements en ce qui concerne le climat ? Si oui, comment les agriculteurs vivent ces bouleversements ?

Oui ! Il fait beaucoup plus sec, chaque année. Et nous avons des évènements climatiques violents, ce que nous n’avions pas il y a encore quelques années. La forêt, c’est la vie, c’est l’eau, les gens ne comprennent pas. La plupart des agriculteurs se rendent bien compte que le climat change, cela affecte leur culture, mais le problème est que ceux qui déforestent le plus sont des grands propriétaires qui parfois ne viennent même pas sur leurs champs. Il faut que la déforestation soit beaucoup plus punie. Et replanter des forêts.

Voyez-vous un changement  de mentalité quant au rapport à la nature, à l’arbre ?

Ici dans la vallée, nous produisons du cacao qui provient d’un arbre. Les arbres nous font vivre, nous savons qu’il faut protéger les protéger et les soigner. Mais beaucoup continue de brûler des parcelles…

Sur quel(s) point(s) en priorité devrions-nous porter nos efforts pour aller vers toujours plus de durabilité et d’équité ?

Acheter plus d’équipements de protection, faire plus de formations pour sensibiliser les employés. Et une alimentation plus diversifiée, aussi.

Merci Nelson ! Gracias Nelson !

Retrouvez Forestera, le nouveau projet péruvien de Forest Finance France sur la plateforme de financement participatif WiSEED.

*interview traduite de l’espagnol.

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Augustin Fromageot
Augustin Fromageot

Augustin Fromageot, est en charge du développement de nos projets ForestFinance sur le terrain. Depuis Avril 2016, il est au Pérou, dans la province d’El Dorado, une belle région nichée entre les Andes et l’immensité de la forêt Amazonienne, à environ 600 km au Nord de Lima. Il aide Marisol Najarro, notre responsable locale à l’origine de notre projet péruvien, à gérer notre plantation de cacao de près de 150 hectares de manière durable et responsable, et à chercher de nouvelles opportunités pour développer notre activité.